J’ai (enfin) regardé « le grand bain » hier. LE film dont mon entourage et mes fils d’actualité sur les réseaux sociaux me parlent depuis des semaines ! 

J’avoue, j’ai été surprise au démarrage, je ne m’attendais pas du tout à ce genre de film décalé. Gilles Lellouche traite ici des expériences de vie. Ces hommes qui décident de se mettre à la natation synchronisée pour mieux panser leurs blessures. Tous les personnages ont vécu une douleur importante dans leur vie, et cette douleur a été perçu pour chacun d’eux, comme un traumatisme. 

Marina Foïs qui campe la femme de Mathieu Amalric dépressif dans le film, accepte de ne pas réveiller le passé de son mari de peur que les anciennes blessures qui ne sont pas refermées puissent ressurgir. Comme souvent dans les choix de l’actrice, Marina Foïs aime à jouer des personnages qui vive un quotidien douloureux, difficile et où il faut faire front et continuer. Je retrouve un fil rouge que j’ai longtemps cherché dans ses films noirs. Ces films noirs qui veulent montrer le besoin de réponses rationnelles à toute souffrance alors que Marina Foïs, elle, veut montrer que la souffrance est tout sauf rationnelle. Ce sont cela, ces rôles de femme dans lequel elle excellent. 
Son personnage devient insensible à la douleur pour ne plus y avoir accès. Revivre toujours les mêmes choses ou se couper de ses ressentis endurcit la femme qu’elle joue.


Ce film est double dans le message qu’il essaie de faire passer. A la fois, Gilles Lellouche veut nous faire percevoir la douleur de chacun des personnages notamment en utilisant Virginie Efira dans son coaching maternant. Permettant aux personnages de trouver une écoute bienveillante et une protection les uns envers les autres amenant chacun d’eux à avoir du mal à s’extraire de leur douleur. En étant coupé de leur ressenti, il est difficile pour eux de dire. D’exprimer. 

Et dans un second temps, lorsque les personnages se retrouvent à être coaché par Leïla Bekhti qui a été coupée de l’intensité de la douleur en étant en chaise roulante. C’est le réveil douloureux. Elle fait subir aux hommes toute l’infirmité qu’elle vit en essayant de les pousser à faire front dans leur souffrance, car c’est le seul moyen qu’à trouver son personnage pour ne pas sombrer. 

J’assiste dans ce film, et c’est là que c’est touchant, à l’ouverture des personnages dans leur ressentis émotionnels et à leur reprise d’autonomie par rapport à leur douleur. Chacun dans leur style. Gilles Lellouche aborde le thème de la souffrance et du déni avec beaucoup de dérision et c’est grâce à cette dérision que le public rit.

Par le sport, par la solidarité du groupe, j’assiste à l’apprentissage des personnages qui, petit à petit, apprennent à gérer leur souffrance et se lancent dans une nouvelle expérience.

Pour sortir une personne qui est dans le déni de sa souffrance, il ne faut pas le toucher à la tête, il faut le toucher au cœur.

C’est un film qui nous fait ressentir l’envie de se sentir en vie. 

©photoIsabelleVautier
©photo Isabelle vautier

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