Avec l’épigénétique, la vie peut être un long fleuve tranquille

Le film culte : « La vie est un long fleuve tranquille » parodie deux familles radicalement opposées. D’un côté, les « Groseilles » et leurs six enfants aux revenus modestes vivant de l’aide sociale et dans un HLM. Ils vivent essentiellement de combines et de petits vols. Parmi leurs enfants se trouve Momo, interprété par l’acteur Benoît Magimel, le plus débrouillard et le plus intelligent.
De l’autre, les « Le Quesnoy » famille aisée catholique et pratiquante ayant cinq enfants et dont la seule fausse note est leur fille Bernadette, interprétée par l’actrice Valérie Lalande, qui se maquille en « fille facile ».

Les deux familles qui vivent chacune de leur côté auraient pu ne jamais se rencontrer. Mais douze ans plus tôt, le soir de Noël, à la maternité, l’infirmière Josette, déprimée par l’attitude lâche et méprisante de son amant, le docteur Mavial, gynécologue, décide d’échanger au berceau deux nouveau-nés : le fils Le Quesnoy et la fille Groseille. Ainsi sont venus au monde, sur un coup de colère, Maurice Groseille et Bernadette Le Quesnoy.

Ce film dévoile la puissance que joue l’environnement sur notre personnalité. Etienne Chatillez, le réalisateur invite le spectateur à découvrir :

Comment un enfant issu de l’ADN « Le Quesnoy » peut devenir « Groseille » et comment un enfant issu de l’ADN « Groseille » peut devenir un « Le Quesnoy ». 

Il illustre, à travers cette histoire, que la façon dont l’individu a appris à vivre va conditionner l’ensemble des expériences qu’il a vécues dans sa vie et que ces dernières laissent une empreinte sur nos gènes; déterminant ainsi l’activation ou non du gène. Ce qui va donner naissance à l’adaptation épigénétique.

Ce film révèle combien l’environnement dans lequel nous baignons peut changer la lecture de nos gènes.
La façon dont nous vivons nos émotions, nos croyances, nos habitudes au quotidien sont tellement puissantes que nous sommes contraints de nous y adapter.

Bruce Lipton * a été un des premiers à enseigner à ses étudiants que toutes les cellules sont génétiquement identiques mais leur destin est déterminé par l’environnement dans lequel elles vivent.

Etienne Chatillez, en tant que réalisateur, a su montrer au grand public à quel point l’environnement contrôle nos vies bien plus que les gènes.

L’épigénétique, cette nouvelle science, nous enseigne que la façon dont nous avons appris à vivre est plus importante que nos gènes. Les parents ont ainsi un rôle prépondérant dans l’avenir de leurs enfants. L’enfant va observer ses parents pour apprendre comment s’en sortir dans la vie. Il aura alors des comportements, des croyances et une façon de vivre qui représentera ce que son histoire familiale lui aura enseigné.

Ce qui me passionne aujourd’hui lors des consultations, c’est de questionner les pensées, les croyances découlant des apprentissages appris et transmis par les parents, et l’environnement et regarder si elles sont toujours adaptées à la vie que souhaite vivre mon coaché.

Je vous propose de saisir votre responsabilité pour que vous ne soyez plus victime de vos gènes. Vous aurez un trousseau de clé pour changer vos pensées, vos comportements et vos croyances et vous allez reprendre votre place en acceptant en toute sécurité votre authenticité.

Photo by Tyler Nix on Unsplash

*Auteur du livre « la biologie des croyances » est une autorité mondialement reconnue en ce qui concerne les rapports entre la science et les comportements. Biologiste cellulaire de formation, il a enseigné la biologie cellulaire à la faculté de Médecine de l’Université du Wisconsin et s’est consacré à des recherches à l’école de Médecine de l’Université de Stanford qui ont fait de lui un pionnier dans son domaine. Ses recherches révolutionnaires sur la membrane cellulaire ont eu un rôle précurseur dans le développement de la nouvelle science connue sous le nom de l’épigénétique et ont fait de lui l’un des noms les plus célèbres dans le domaine de la nouvelle biologie.

Le sens de la cécité de Ray Charles

J’ai visionné le film « Ray » retraçant la vie du musicien : Ray Charles.

Je voudrais vous inviter à cet exercice que je n’ai pas pu m’empêcher de faire (mon métier me colle à la peau) qui est personnel afin de donner un sens à la cécité du musicien.

Ray Charles n’est pas né aveugle, il perd la vue aux environs de l’âge de 6-7 ans.

Ce que le film révèle c’est qu’il avait un plus jeune frère, Georges, avec qui il jouait beaucoup. Leur mère a pour métier de laver le linge et se sert pour cela de bassine d’eau bouillante et recommande à ses deux fils de faire attention et de ne pas tourner autour des bassines car cela peut s’avérer dangereux.

Les deux frères, encore enfants, jouent et tournent autour des bassines d’eau bouillante bien innocemment. Georges monte sur une des tables et fait l’imbécile pour faire rire Ray qui lui dit de malgré tout faire attention. Georges tombe dans l’eau et essaye de s’extirper de l’eau bouillante sans y arriver sous les yeux stupéfaits de son frère Ray. Leur mère vient en courant, horrifiée de découvrir son fils ébouillanté, immobile, mort.

Immédiatement, elle reproche dans sa détresse à son fils Ray de n’avoir pas bouger, de n’avoir rien fait et d’avoir laissé mourir son jeune frère.

Il faut savoir qu’un enfant n’a pas la capacité de réagir jusque l’âge de 11-12 ans. Il n’a pas la possibilité de détourner le regard, il y a une espèce de fascination qui fait qu’on accroche par rapport à une vision d’horreur. Un enfant est incapable de réagir par rapport à une vision d’horreur. Seul un adulte peut le faire.

Mais sa mère n’avait visiblement pas la conscience qu’un enfant ne peut pas surveiller un autre enfant, parce que justement l’enfant n’a pas les ressources pour agir en cas de danger.

Pour Ray Charles, son drame est d’avoir vu son frère mourir sous ses yeux dans la culpabilité de ne pas l’avoir sauvé.

Comment voulez-vous, après un tel traumatisme, qu’il envisage son avenir ?

Sa solution gagnante de survie pourrait alors s’écrire ainsi : « J’avance dans la vie, à condition de ne plus jamais voir cette horreur. »

Comme le cerveau émotionnel (limbique), lui n’a pas d’état d’âmes, ni de peur, ni de nuance et qu’il essaie de faire au mieux, alors pour ne pas prendre le risque de revoir ce genre de scène, la solution d’adaptation en terme de survie est de ne plus voir. En étant aveugle il ne pourra jamais reproduire un telle horreur notamment avec ses enfants. Il ne pourra être tenu comme responsable.

En neuf mois, Ray a perdu la vue. (Vous noterez 9 mois : temps de gestation d’une grossesse)

Le cerveau agit uniquement pour soi. Le cerveau ne cherche pas à sauver les autres mais soi uniquement.

Maintenant que Ray est aveugle, il n’est pas responsable en tant que parent. Et sa cécité va lui permettre de renvoyer la responsabilité par rapport à sa femme, et non par rapport à lui.

La traduction de sa maladie : être aveugle est ce qui va lui permettre de faire des enfants et de confier ses enfants à l’autorité féminine (la mère de ses enfants) en ayant l’alibi de : « je ne peux pas les surveiller et les protéger puisque je suis aveugle. »

Le grand bain

J’ai (enfin) regardé « le grand bain » hier. LE film dont mon entourage et mes fils d’actualité sur les réseaux sociaux me parlent depuis des semaines ! 

J’avoue, j’ai été surprise au démarrage, je ne m’attendais pas du tout à ce genre de film décalé. Gilles Lellouche traite ici des expériences de vie. Ces hommes qui décident de se mettre à la natation synchronisée pour mieux panser leurs blessures. Tous les personnages ont vécu une douleur importante dans leur vie, et cette douleur a été perçu pour chacun d’eux, comme un traumatisme. 

Marina Foïs qui campe la femme de Mathieu Amalric dépressif dans le film, accepte de ne pas réveiller le passé de son mari de peur que les anciennes blessures qui ne sont pas refermées puissent ressurgir. Comme souvent dans les choix de l’actrice, Marina Foïs aime à jouer des personnages qui vive un quotidien douloureux, difficile et où il faut faire front et continuer. Je retrouve un fil rouge que j’ai longtemps cherché dans ses films noirs. Ces films noirs qui veulent montrer le besoin de réponses rationnelles à toute souffrance alors que Marina Foïs, elle, veut montrer que la souffrance est tout sauf rationnelle. Ce sont cela, ces rôles de femme dans lequel elle excellent. 
Son personnage devient insensible à la douleur pour ne plus y avoir accès. Revivre toujours les mêmes choses ou se couper de ses ressentis endurcit la femme qu’elle joue.


Ce film est double dans le message qu’il essaie de faire passer. A la fois, Gilles Lellouche veut nous faire percevoir la douleur de chacun des personnages notamment en utilisant Virginie Efira dans son coaching maternant. Permettant aux personnages de trouver une écoute bienveillante et une protection les uns envers les autres amenant chacun d’eux à avoir du mal à s’extraire de leur douleur. En étant coupé de leur ressenti, il est difficile pour eux de dire. D’exprimer. 

Et dans un second temps, lorsque les personnages se retrouvent à être coaché par Leïla Bekhti qui a été coupée de l’intensité de la douleur en étant en chaise roulante. C’est le réveil douloureux. Elle fait subir aux hommes toute l’infirmité qu’elle vit en essayant de les pousser à faire front dans leur souffrance, car c’est le seul moyen qu’à trouver son personnage pour ne pas sombrer. 

J’assiste dans ce film, et c’est là que c’est touchant, à l’ouverture des personnages dans leur ressentis émotionnels et à leur reprise d’autonomie par rapport à leur douleur. Chacun dans leur style. Gilles Lellouche aborde le thème de la souffrance et du déni avec beaucoup de dérision et c’est grâce à cette dérision que le public rit.

Par le sport, par la solidarité du groupe, j’assiste à l’apprentissage des personnages qui, petit à petit, apprennent à gérer leur souffrance et se lancent dans une nouvelle expérience.

Pour sortir une personne qui est dans le déni de sa souffrance, il ne faut pas le toucher à la tête, il faut le toucher au cœur.

C’est un film qui nous fait ressentir l’envie de se sentir en vie. 

©photoIsabelleVautier
©photo Isabelle vautier